
Leila, 42 ans, ressortissante algérienne sous le coup d’une OQTF depuis février 2024, comparaît ce mardi devant le tribunal correctionnel de Nanterre. Cette nourrice, incarcérée depuis plus d’un an, est accusée d’avoir contaminé la nourriture et les boissons d’une famille juive qu’elle gardait à domicile. Une affaire sans précédent en France.
Employée depuis quatre mois, elle aurait versé des produits ménagers — dont du nettoyant multi-usage et un produit WC à base de javel — dans du vin, du jus de raisin et des pâtes. Les analyses toxicologiques ont confirmé la présence de polyéthylène glycol et d’autres agents chimiques, « nocifs voire corrosifs ». L’alerte avait été donnée fin janvier 2024 par l’employeuse, intriguée par un goût suspect dans ses boissons.
Initialement, Leila a nié les faits avant de reconnaître avoir ajouté une « lotion savonneuse », qu’elle décrit comme une « punition » liée à des tensions salariales. Mais lors de la perquisition, elle avait tenu des propos antisémites sur « l’argent et le pouvoir » des victimes, éléments qui ont conduit le juge à retenir la circonstance aggravante de racisme.
La défense conteste toute motivation antisémite et parle de « ressentiment financier ». Elle rappelle que seules les boissons des parents étaient visées. Cependant, les enquêteurs ont découvert des recherches sur l’identité et les pratiques religieuses de la famille.
La qualification de « tentative d’empoisonnement » a été écartée, les produits n’étant pas mortels. En revanche, l’administration de substances nuisibles avec circonstance aggravante d’antisémitisme reste au cœur du procès.





