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Croissance, dinar, réserves : L’Algérie tient bon

Ahmed BENABI

Dans son rapport annuel pour l’exercice 2024, publié le 17 septembre sur son site officiel, la Banque d’Algérie dresse un tableau globalement positif de la situation économique et financière du pays. Malgré un environnement international marqué par l’instabilité des cours pétroliers, l’Algérie maintient des fondamentaux macroéconomiques solides, portés par des réserves de change confortables, une inflation en recul, une croissance hors hydrocarbures soutenue et un niveau d’endettement extérieur marginal.

Une position extérieure toujours solide malgré un léger déficit

À la fin de l’année 2024, le volume des réserves officielles de change de l’Algérie s’établissait à 68,277 milliards de dollars, contre 69,825 milliards de dollars à fin 2023. Ce léger recul, explique la Banque d’Algérie, s’explique par le déficit global de la balance des paiements (498 millions de dollars) et par la dépréciation des monnaies de réserve, notamment l’euro face au dollar.

Malgré cela, le stock de réserves reste largement au-dessus des normes internationales. Il assure une couverture de plus de 15 mois d’importations de biens et services, ce qui conforte la solvabilité extérieure du pays. À titre de comparaison, les standards internationaux recommandent un niveau de couverture situé entre 3 et 10 mois d’importations.

La Banque d’Algérie rappelle également que l’accumulation des réserves de change constitue un amortisseur essentiel face aux chocs extérieurs, comme l’a démontré la période 2014-2021, durant laquelle les réserves avaient fortement baissé sous l’effet de la chute des prix du pétrole, passant de 194 milliards $ en 2013 à 45,3 milliards $ en 2021.

Croissance économique : nette progression hors hydrocarbures

Sur le plan de la croissance, le rapport indique une progression de 3,6 % du PIB en 2024, avec une accélération de la croissance hors hydrocarbures à 4,8 %, contre 4,2 % en 2023. Cette performance reflète une dynamique économique soutenue en dehors du secteur énergétique, en cohérence avec les efforts de diversification engagés ces dernières années.

Le secteur bancaire est également présenté comme solide et liquide, avec un respect satisfaisant des normes prudentielles en matière de solvabilité et de rentabilité.

Inflation maîtrisée et stabilité du dinar

Le rapport fait état d’un reflux significatif de l’inflation, qui s’est établie à 4,40 % fin 2024, contre 7,18 % en 2023. Ce recul est partiellement attribué à l’appréciation du dinar algérien, qui a permis de contenir l’inflation importée. Concernant les taux de change, le dinar s’est apprécié face aux principales devises :+1,32 %face au dollar,  américain ,+1,24 %face à l’euro ,+8,56 %face au yen japonais et+2,93 %face au yuan chinois. Des baisses ont toutefois été observées face à la livre sterling (-1,44 %) et au franc suisse (-0,72 %).

Une dette extérieure très faible

Autre indicateur de robustesse : l’encours de la dette extérieure de l’Algérie reste extrêmement limité, représentant seulement 1,08 % du PIB à fin 2024. Ce faible niveau d’endettement confère au pays  une marge de manœuvre appréciable face aux aléas économiques et aux besoins éventuels de financement extérieur.

Ceci étant, et malgré ces résultats positifs, il est utile de souligner que la Banque d’Algérie appelle toutefois  à la vigilance, en particulier en raison de la volatilité persistante des marchés pétroliers. L’équilibre de la balance des paiements demeure étroitement lié à l’évolution des exportations d’hydrocarbures, qui continuent de constituer la principale source de devises du pays.

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